Ci-dessous, retrouvez les opérations en cours, ou récemment terminées, de restauration du patrimoine dans les communes du Pays du roi Morvan.

Eglise Saint-Malo à Locmalo

Histoire
Le culte de saint Malo, évêque d’Aleth et patron de la paroisse se répand au XIe siècle, ce qui expliquerait le choix du patronage. Certains historiens et érudits vont plus loin en voyant dans le toponyme Pourlet une référence au Plo Aleth avec une installation dans notre région d’un groupe issu de ce peuple pour expliquer le culte de saint Malo.
Plus tangible, une source écrite nous indique que ce nom apparait pour la 1ère fois dans une charte du XIIe siècle : « hospitale de loco Sancti Maclovii » ce qui fait référence probablement à une possession des Hospitaliers de saint Jean, bien implantés dans la région (Le Croisty, Priziac…)
Au XII siècle, la paroisse se trouve sous une double juridiction, celle du recteur et celle des Rohan seigneurs de Guémené à cette date. Principaux prééminenciers de la paroisse, les Rohan contribueront fortement à l’embellissement de l’édifice. A partir du XVIe siècle, ils délaissent l’église Saint-Malo au profit des seigneurs de Menoray, autres famille prééminencière.

 Architecture
L’église primitive est en ruine en 1411 et des travaux sont effectués. De cette période subsistent seulement dans la nef l’ancienne porte sud, actuelle porte des fonts, et la fenêtre nord.
L’église actuelle est le résultat des reprises importantes qui s’ensuivirent durant les XVIe et XVIIe siècles ce qui lui donne aujourd’hui cette silhouette inhabituelle, due à la juxtaposition de trois éléments non contemporains. La nef du XVe siècle est flanquée de deux chapelles parallèles, ces deux chapelles faisant office de bras du transept.
 Les transformations démarrent en 1500, date à laquelle les Rohan font reconstruire leur chapelle nord dans le style gothique flamboyant. 70 ans plus tard, la tour-clocher est élevée dans le style Renaissance. Une autre grande campagne de construction intervient au cours du 17e siècle : le chœur est rallongé d'une travée et prolongé de la sacristie à étage. La chapelle sud est entièrement reconstruite lors de la même campagne ; les grandes arcades du chœur sont reprises et les fenêtres nord de la chapelle nord semblent également avoir été refaites à cette date. Vers 1900, la charpente ancienne est recouverte d'un lambris plâtré.

Le projet de restauration 2019

Par décison du conseil municipal, le chantier de rénovation de l'église de Locmalo devrait commencer très prochainement. Pour le suivi de chantier, c'est le bureau d'étude  Guéguen Perennou de Ploemeur qui a été retenu.Le programme de restauration concerne la charpente, la couverture, la menuiserie et l'électricité pour un montant estimé à 736 982 €. Les conditions d'ouverture au public restent à définir pendant la durée des travaux.

Chapelle Saint-Yves à Lignol

Plus grande chapelle de Lignol, elle doit sa construction à un miracle de saint Yves qui éteignit dans le village,  l'incendie d'une maison religieuse d'un signe de croix. Façade occidentale, dentelle sur le clocher, portail en arc brisé, pignon décoré de crosses végétales, balustrade ajourée ... autant de détails qui subliment cette façade ouest du XVIe siècle. A l'intérieur, des éléments de sablières sculptées demeurent. Elles révélent des animaux fantastiques, des personnages et des motifs géométriques.
La chapelle primitive Saint-Yves communique perpendiculairement avec une aile au nord dédiée à la Très Sainte Trinité. Traditionnellement admise comme fondation templière puis possédée par les Hospitaliers, la chapelle pourrait selon  une autre hypothèse avoir appartenu à l'ordre des Trinitaires, mais les archives restent discrètes. En 1663, la chapelle était sous autorité de la seigneurie du Coscro, elle bénéficie à cette date d'une importante restauration. Cependant, faute d'entretien, son état est devenu précaire. En 1926, la charpente et quelques murs s'écroulent. Depuis 1979, un Comité assure son entretien.
Les travaux de restauration 2014 - 2019
Un important programme de restauration démarre en 2014. Sur la chapelle saint-Yves, une nouvelle charpente en châtaignier et une couverture en ardoises décroissantes et faîtage à lignolet sont installées. Les sablières sont restaurées et complétées des parties manquantes. En 2015 et 2016,  la chapelle de La Trinité reçoit à son tour une nouvelle charpente en châtaignier.

Septembre 2019 : les travaux se terminent.
 
Le programme s'achève cette année 2019 avec la pose du lambris en châtaignier. Les portes ont été remplacées, ainsi que cinq fenêtres et le plancher du chœur de la Trinité. Des travaux de maçonnerie ont concerné l'ensemble du monument, complétés par des travaux d'assainissement. Les peintures du mur nord de la Trinité ont été refaites et un chaulage a recouvert tous les murs intérieurs.

Eglise de la Trinité-Langonnet

La construction de l’édifice débute en 1492, à l’initiative de Vincent de Kergouët, abbé de Langonnet. Ancienne chapelle de la Trinité Bezver, elle devient rapidement église tréviale. Une dédicace à l’intérieur indique que le chantier se poursuit en 1500, mais les travaux, toujours financés par les abbés de Langonnet, ne sont pas achevés avant la deuxième moitié du XVIe siècle. De ce fait, l’architecture essentiellement gothique, intègre néanmoins quelques décors d’inspiration renaissance. Cette église abrite, comme quelques autres dans la région, de remarquables sablières sculptées. Une inscription dans le transept sud nous informe que l’auteur de ces reliefs, P. Poulichet, y travaille en 1568. Le sculpteur a puisé dans le répertoire gothique, il anime ses fresques des traditionnelles scènes de chasse, créatures fabuleuses et guirlandes de vigne. L'artisan est néanmoins sensible au nouveau courant renaissance auquel il emprunte plus d’un motif et c'est d'une main habile qu'il enrichit son œuvre des nouveaux modèles décoratifs, mascarons et autres créatures inspirées des grotesques italiens, qui circulent dans toute l'Europe. 
L’église a conservé son enclos, et à 500 m de là, nichée dans un écrin verdoyant, la fontaine monumentale du XVIIe siècle.

Le chantier de restauration 2017/2020
 
L’église fait l’objet, depuis janvier 2017, d’un important programme de restauration dirigé par Marie-Suzanne de Ponthaud, architecte en chef des monuments historiques.  La vaste opération comprend le traitement des façades, des reprises de maçonneries ainsi que la restauration de la totalité des couvertures et des charpentes. 
La nef a été complètement restaurée en 2017 et les travaux se sont poursuivis dans le transept en 2018. C’est au niveau de la croisée que la remarquable charpente, laissée à vue depuis la dépose des lambris du 19e siècle dans les années 1960, est la plus complexe. Les sablières sculptées ont été déposées, restaurées et ont reçu leur nouvelle polychromie au printemps 2019. 
Il faudra attendre 2020 et l’achèvement des travaux dans le chœur pour pouvoir admirer le résultat final. En attendant des visites de chantier sont régulièrement proposées au public notamment lors des journées européennes du patrimoine et à l’occasion du pardon de La Trinité en juin.

Oratoire de la Chapelle Sainte-Barbe au Faouët

La construction de l'oratoire Saint-Michel fait partie des travaux commandités par la famille Dufresnay en 1700. Cette famille est, par ailleurs, à l'origine de la fondation du couvent des Ursulines, actuel musée. Isolée depuis 1489 sur son aplomb rocheux, la chapelle flamboyante du XVe siècle, se voit magnifiée par un programme architectural grandiose qui comprend les grands escaliers à balustres, la passerelle au-dessus de l'arche menant à l'oratoire et le campanile. La maison du gardien complète l'ensemble.
Au nombre des travaux réalisés ces dernières années : la restauration complète de la maison du gardien et l'aménagement de ses abords en 2014.
 
2019 est consacrée à l'oratoire, les travaux prévus sont les suivants : restauration des maçonneries des murs extérieurs et intérieurs ainsi que du dallage et de la porte d'entrée, de la toiture, de la charpente et de la voûte lambrissée. Le traitement des caniveaux du pont d'accès à l'oratoire est aussi programmé. Incluse la restauration du mobilier intérieur (retable et statuaire) et de sa polychromie.

Hôtel des Princes à Guémené-sur-Scorff

Bel exemple de maison médiévale à pan de bois, caractéristique par sa construction sur une parcelle étroite et par sa façade sur rue constituée par son mur pignon. On retrouve ici le modèle à deux pièces en rez-de-chaussé qui renvoie à l'aisance de l'édificier. Les habitats plus modestes ne comptaient qu'une seule pièce. Datant du tout début du XVIe siècle, la structure des pans de bois est d'origine à l'étage, seulement modifiée au XVIIIe siècle pour agrandir les fenêtres. Le rez-de-chaussée était doté à la construction d'un auvent sur piliers de pierre qui a été remplacé par une structure maçonnée au XVIIIe siècle. Le choix de restauration a été de reconstituer le porche originel.

Cette maison renvoie à la période qui correspond à l'émergence d'une cité marchande et prospère. Sa position centrale entre le château et le départ d'un lotissement médiéval qui va s'étendre vers le nord au XVIe siècle, le long de cette rue Perez, laissent supposer un  statut important des propriétaires. La construction des halles toutes proches en 1634, actuelle place Loth, vient conforter l'emplacement privilégié de cette maison qui se retrouve au coeur d'un quartier de vie rassemblant tous les éléments caractérisant un véritable centre urbain : justice, administration et commerce.
 
La restauration s'est achévée en juin 2019. Une maison des service publics occupe le rez-de-chaussée.

Chapelle Saint-Michel à Ploërdut

Construite sur une colline par les seigneurs de Barac'h, la chapelle Saint-Michel possède un beau retable du XVIIe siècle. De type allongé, cette chapelle possède au nord une sacristie en appentis, à l'ouest un pignon avec une porte moulurée et couronnée d'un clocheton à souche cubique et une fenêtre en arc-brisé. "L'édifice a dû être reconstruit au XVIIe siècle, mais en respectant le chevet qui accuse les formes du XVe siècle. La fenêtre du choeur a pu être remaniée pour mieux éclairer le retable de l'autel." (Source : J. Danigo, Eglises et chapelles du pays de Guémené T.2)
Le retable est en bois et est orné de fleurs, fruits et feuillages. Les statues de saint Michel et saint Alexis sont symétriques et disposées sur des socles feuillagés. Les ornements du retable disposent d'une grande unité.
Des travaux de restauration de la chapelle sont en cours et devraient s’achever avant la fin de l’année 2019. Ces travaux comprennent la maçonnerie, la charpente, la couverture et les vitraux.

Chapelle de la Trinité à Lanvénégen

La chapelle de la Trinité date environ de 1655 d'après les aspects stylistiques ainsi que l'inscription sur la cloche. Son plan en croix latine s'apparente à la tradition locale avec son mur-pignon occidental. Les fenêtres sont larges et en arc-brisé dans le choeur, plus étroites en plein-cintre dans le transept. De cet édifice ravagé par un incendie en 1948, il ne reste que les murs, le clocher ainsi que les deux autels en granite.
 
La restauration de la toiture de la chapelle de la Trinité en partenariat avec l’association Les Amis de la Chapelle de la Trinité est en projet et devrait commencer début juillet 2019. La charpente et la couverture seront  restaurées.

Mise en lumière du Grand Rempart à Guémené-sur-Scorff - Sécurisation Salle des gardes

C’est dans le cadre de sa compétence touristique, que la Communauté de Communes du Pays du Roi Morvan a décidé en 2011 d’assurer la maîtrise d’ouvrage pour la restauration des anciens remparts et la reconversion de l’ancien garage attenant en espace muséal.
Ces trois éléments, Le Grand Rempart (XIIIe-XIVe siècle), la Porterie (XVIe siècle) et la partie au sud dite Vieux Logis (XIIIe et XVIe siècles), sont les seuls vestiges en élévation du château des Rohan Guémené. Ils illustrent bien les différentes phases d’évolution de la résidence seigneuriale, de la motte castrale du XIe siècle jusqu’au palais de plaisance du XVIe siècle, période à laquelle il connaît sa plus grande extension. La suite sera une lente mais irrémédiable destruction jusqu’au démantèlement de 1927.
Les travaux de mise en valeur du château se sont poursuivis avec la rénovation de l’ancien garage et sa reconversion en espace muséal pour valoriser un quatrième élément, le plus remarquable sans aucun doute : l’étuve médiévale du XIVe siècle. Ce dernier témoignage de l’existence du grand appartement des bains, à l’origine situé près de la Porterie, et remontée dans cet ancien garage, a été l’occasion de créer cet espace muséal des Bains de la Reine. La réception des travaux a eu lieu en 2013 pour les vestiges de muraille, en 2014 pour l’espace muséal avec sa scénographie.
 
Dans la continuité de ses actions de valorisation du patrimoine, Roi Morvan Communauté a souhaité illuminer le Grand Rempart face sud. Les sources lumineuses fixées discrètement au sol sont  réparties sur toute la longueur de la muraille afin de valoriser au mieux l'architecture. La salle des garde est dotée d'un éclairage automatique et l'escalier en vis, lui aussi éclairé, est sécurisé par une corde faisant office de rampe.